La PDA comme outil de sécurisation du circuit du médicament

La sécurisation du circuit du médicament en milieu hospitalier et à domicile est un enjeu capital pour les professionnels de la santé.

En effet, la iatrogénie médicamenteuse est responsable de plus de 128 000 hospitalisations par an, dont plus de la moitié aurait pu être évitée. Les causes sont multiples : l’âge du patient, le nombre du médicament, ainsi que les différentes étapes du circuit du médicament dans lesquelles plusieurs personnes interviennent sans une réelle communication entre elles.

Pour qu’il y ait une amélioration significative, il est  important que la place du patient, son profil et ses attentes soient revus. Bien entendu, ces améliorations ne se limitent pas uniquement au patient. Les professionnels de la santé doivent avoir recours à des supports techniques et technologiques qui les assisteront dans la réalisation des Préparations des Doses à Administrer (PDA) et lors du suivi du patient qu’il soit en établissement ou à domicile.

Qu’est-ce que la PDA ?

La PDA consiste, selon l’Académie nationale de pharmacie, à préparer les doses de médicaments à administrer, de façon personnalisée, selon la prescription, et donc par anticipation du séquencement et des moments de prises, dans le but de renforcer le respect et la sécurité du traitement ainsi que la traçabilité de son administration.

Dans le cadre d’un établissement de soins, la PDA permet de sécuriser le circuit du médicament et de dégager du temps aux personnels soignant qu’ils pourront consacrer à d’autres patients.

Bien entendu, pour que ce système fonctionne, tous les professionnels intervenant dans le circuit doivent communiquer et se coordonner pour éviter les accidents. C’est une pratique qui tend à se généraliser.

De plus en plus d’expérimentations démontrent que la PDA pourrait améliorer l’observance et le suivi thérapeutique des patients vivant à leur domicile, notamment les patients âgés et polymédiqués.

Un cadre encore à délimiter

Aujourd’hui, on sent que les professionnels de la santé souhaitent faire évoluer le système de préparation des médicaments et nous en sommes à présent technologiquement capables. Le seul problème est l’absence d’un cadre réglementaire.

En effet, le décret relatif au pharmacien référant dans les EHPAD, l’arrêté des bonnes pratiques de PDA et celui fixant la convention type entre EHPAD et pharmacies d’officine se font malheureusement attendre.

Il est indéniable que la mise en place de bonnes pratiques visant au partage de l’information entre les professionnels au service des patients devient urgente.